Libre et sauvage ?

Petite réflexion sur les renards belges et hollandais…

Voici Tysha.

Tysha est une jeune renarde hollandaise probablement âgée d’environ 2 ans.
Elle vit dans une zone semi-marécageuse, de type « polders hollandais », à proximité du territoire de sa sœur, Bobbi.
Il y a quelques mois, Bobbi était blessée, probablement suite à une rixe avec un autre renard, et elle claudiquait pas mal, tenant régulièrement une de ses pattes en l’air.
Aujourd’hui elle a récupéré  et semble aller beaucoup mieux, seul un léger boitement persiste.
Tysha et Bobbi vivent dans une réserve naturelle ouverte en Hollande, en toute liberté.

« Libres et sauvages » comme on aime le dire…

Enfin “sauvages” …  Pas certain que le terme leur corresponde tout à fait…

                                 

         Comment ça je ne serais pas sauvage  ? 


Si un jour on m’avait dit que je commencerais un article en personnifiant un animal sauvage de cette manière, j’aurais sans doute émis quelques doutes…
En effet, quand je pense aux difficultés que j’ai rencontrées pour approcher les renards de ma région et réaliser mes premières photographies « potables » …
On ne peut pas vraiment dire que nous ayons développé une relation de proximité telle que je me permette de les tutoyer ou que nous ayons gardé les poules ensemble…

Entre les tentatives infructueuses de repérage de terriers, le placement et le relevé de caméra de surveillance, les levers à 5h du matin et les départs quatre à quatre bredouille et en retard pour le boulot.. L’approche de ces animaux n’était pas des plus simple…

Bon, il y avait bien les encouragements des amis/collègues/voisins : « Ah tu cherches les renards? Mais on en voit super facilement dans le quartier BiduleProut et du côté de l’avenue TrucBroc aussi…  » (Oui Oui, de nuit dans la pénombre, en coup de vent, … pas de quoi faire la photo de l’année à moins de venir avec 7 flashs portatifs qui déclenchent à distance et de se planquer à proximité d’une poubelle bien garnie… ).

Bref…

Et puis un matin à l’aube, après de nombreuses attentes infructueuses, à ma grande surprise, je découvre enfin mon voisin renard.

Il est là, à 300 mètres de chez moi, assis au pied d’une bute du champ d’à côté, à l’entrée de ce que je n’imaginais pas le moins du monde être un terrier…

Calme et placide, ne m’ayant pas repérée, il me laisse le temps de l’observer tranquillement… et c’est ma première photographie de renard…


Enfin pour être exacte, c’est la première photographie d’un renard que j’ai réussi à repérer par moi-même.

L’année précédente, bien décidée à rencontrer cet animal qui me fascinait, j’avais fait appel à Walter Barthélemi, expert ès ‘vulpes vulpes’ dans sa région pour qu’il m’emmène découvrir un peu plus les mœurs de ces canidés. Nous avions alors pu observer et photographier le nourrissage de jeunes renardeaux, un moment précieux dont je me souviendrai longtemps. Merci Walter en passant.

 Méfiez-vous les enfants, on dirait que le buisson d’en face vient d’éternuer…

Donc bref, même si cette première photo n’est pas si terrible, pleine de grain, et qu’on discerne à peine la forme du renard,… Elle marque le début d’une envie profonde de mieux comprendre cet animal sauvage qui vit à quelques minutes de chez moi à peine.

À partir de ce moment, je passe de plus en plus de temps dehors, et nos rencontres se succèdent…

De matinées en soirées, l’observer me permet de mieux comprendre ses habitudes.
Il semble s’agir d’un mâle, il n’a pas l’air tout jeune, et une femelle se trouve probablement dans le terrier auprès duquel il se rend régulièrement.

 

 

 

 

Souvent je le croise « trop tôt » en me rendant dans la nuit noire à mon affût, il me surprend en hauteur sur une butte, semble me dévisager à la lumière de la lune et disparaît…


Je reviens régulièrement bredouille.

D’autres fois, je l’observe longuement, sans qu’il ne se rende compte de ma présence. Je découvre les chemins qu’il emprunte, le vois chasser, faire sa toilette, s’enfuir au bruit d’un tracteur ou d’un chien…

Un jour en arrivant plus tard que d’habitude pour me placer à mon affut, il me fait face sur le chemin qui borde le champ… Il reste un long moment à me dévisager et puis s’enfuit…

Faut avouer qu’avec ma ghillie sur la tête (tenue de camouflage qui fait ressembler à un gros paquet d’herbes hautes), et mon téléobjectif en main, je ne dois pas être super rassurante en déambulant comme ça dans les sentiers… Et pas que pour les renards d’ailleurs !

 

T’es qui toi ?


Et puis un jour, plus de renard… et plus de terrier…

Quelqu’un a bouché l’entrée avec une grosse pierre…

 

 

 

 

Remplie d’incompréhension du rapport humain à la vie sauvage, je suspends mes sorties pour un moment.


Mais difficile de rester à l’intérieur très longtemps… Le besoin de respirer cet air frais du matin, regarder la rosée s’évaporer dans les premiers rayons du soleil, entendre les écureuils se battre au-dessus de ma tête pendant l’affût,…

Tout cela me ramène très vite dans les champs.

Une matinée bredouille, une soirée bredouille, une matinée bredouille, une autre encore, et encore… Plus de renard..

Et puis un matin de mars, sous un ciel plombé d’une nuit pluvieuse, les premiers rayons du soleil illuminent le champ, et il me semble apercevoir quelque chose au loin qui se déplace très rapidement…

 

 

 

 

(Avouez qu’il aurait pu se mettre dans la lumière pour la photo, mais non évidemment…)


S’agirait-il du même animal que celui que j’observais précédemment ?  Aucune idée

Moment fugace, il repart.

Un autre matin, encore un autre… le revoilà… Il passe derrière moi cette fois, aucune photo, mais il est bien là. Enfin, lui ou un autre.

Je replace une caméra de piégeage dans un sentier tout proche, j’attends quelques jours, je reviens la chercher… j’ai oublié d’insérer la carte pour enregistrer les photos … (grand moment de solitude… ).

Je la ramène, je la replace, j’attends…
Je la récupère : rien…

Enfin rien à part des branchages qui s’agitent dans le vent, une souris, un oiseau, un lapin, un chat… Mais pas de renard…

Une fois, deux fois, trois fois… je déménage la caméra autour de zones de passages qui me semblent plus fréquentées… Toujours rien…
Une autre fois j’oublie les piles, je la place mal et je ne filme que le sol, où encore je laisse la carte verrouillée et je n’enregistre rien… Du grand art !

 

 

 

Pendant ce temps je continue mes affûts. Et un matin, le revoilà.

Il est plus proche du sentier cette fois.


Je déplace encore une fois la caméra de piégeage vers ce qui semble être un terrier… Et puis je l’oublie pendant une semaine…

Et un jour après le boulot, alors que je vais relever ma caméra, sans vraiment y croire … La carte affiche 365 photos et vidéos…

Ni une ni deux, je rentre chez moi, dépose la camera, embarque mon trépied, un filet de camouflage et mon matériel photo.
Je reviens me placer à bonne distance sur l’autre versant du sentier, bien camouflée et le plus discrètement possible pour ne surtout pas être vue et risquer de déranger.
J’ai à peine le temps de mettre le filet sur ma tête qu’un premier renardeau montre le bout de son nez. Je reste figée par le spectacle un bon moment.

Finalement je décide de filmer pour ne pas faire trop de bruit avec les déclenchements du boîtier. 

Je reste sur place jusqu’à ce que la nuit tombe complètement. Les parents sont passés chacun à leur tour nourrir et jouer avec trois petits, les observer interagir entre eux est une vraie découverte. Difficile de ne pas faire d’anthropomorphisme tant leurs attitudes s’approchent des nôtres dans leurs soins à leur progéniture.

Pendant les jours qui suivent, je me fais violence pour ne pas y retourner trop souvent, pour ne pas les effrayer, ne pas forcer la mère à se sentir obligée de les déplacer.

Pour compenser, je replace une caméra de piégeage pour les observer sans déranger. Parfois les parents ramènent des morceaux de pain volés dans les poubelles du boulanger d’à côté, parfois de petits rongeurs ou encore un pigeon ramier.

Par la suite j’aurai l’occasion de faire quelques photos des petits, des parents en chasse dans les fauches en été, du jeu des jeunes dans les herbes hautes, et d’autres vidéos de leurs interactions familiales… Leur intelligence me fascine.



Ils sont capables de repérer les odeurs et les sons à une distance énorme. Bien souvent ils ne fuient même pas devant l’inconnu, ils observent.
Après le passage d’un cycliste dans le sentier au pied du terrier, les petits rentrent et puis ressortent immédiatement la tête pour voir de quoi il s’agit. Mélange de méfiance et de curiosité.
Lorsqu’un promeneur et son chien passent régulièrement dans le champ, les renardeaux semblent les reconnaître et ne détalent pas à leur approche, ils s’aplatissent pour se dissimuler dans les hautes herbes tout en surveillant du regard les invités du jour.

Le vieux mâle est moins souvent présent, il semble en moins bonne santé, voire un peu dur de la feuille, et il reste parfois complètement impassible y compris lorsque des promeneurs passent à une distance assez proche. Il arrive même que les petits « crient » comme pour le faire réagir et le poussent à se cacher… Ou alors il s’en fiche ?
Et puis l’été avance et les jeunes grandissent et repassent de moins en moins sur la zone.
Je reviens à nouveau de plus en plus fréquemment bredouille et je m’en viens à souhaiter que vienne l’hiver, la neige et la période du rut alors que le soleil du mois d’août brûle encore les herbes du champ.
L’été se termine, et je ne croise plus les renards que très brièvement, d’assez loin…

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme l’impression qu’il se moque un peu de moi…

 

 


Et comme pour toute chose, plus on en a, plus on en veut… L’envie me ronge de pouvoir encore et encore immortaliser ces moments.

Les réseaux sociaux et les expositions n’aident pas…

Il faut être honnête, la frustration de voir ces magnifiques clichés ne fait qu’attiser l’envie de prolonger ces moments. Même sans photographier, juste les observer…

À force de lire des informations à gauche et droite, je réalise qu’il a l’air bien plus simple de photographier le renard dans d’autres régions.

Dans la capitale londonienne notamment, en Suisse, en Finlande, au Canada, dans certaines réserves naturelles en Hollande…

Et il n’y a qu’a voir la couverture du vingt-sixième portfolio du prestigieux “Wildlife photographer of the Year” (2016) de Sam Hobson pour baver devant son clavier…

(Photographie reproduite ici avec l’aimable autorisation de son auteur, pour en voir plus c’est par ici).

 


Oui mais bon, c’est quoi le secret ?

Les renards ne sont pas chassés partout d’accord, mais est-ce que cela permet réellement de les observer beaucoup plus longtemps ?
Est-ce que leur comportement est profondément et durablement différent ? Sont-ils plus diurnes que nocturnes ? Et si oui, est-ce uniquement dû à l’absence de chasse ?

Après avoir bien réfléchi, je décide de me rendre en Hollande pour visiter trois réserves naturelles différentes où les renards ne seraient pas chassés.
Deux de ces réserves sont partiellement clôturées (pour éviter les collisions sur les routes qui les entourent), mais des écoducs permettent le passage de la faune. La troisième par contre est entièrement clôturée, et bien que les renards puissent y circuler librement malgré les clôtures, les grands herbivores qui s’y trouvent ne sont pas libres cette fois (mais nous y reviendrons).

Première visite donc à la fin de l’été. Il pleut des cordes… la première réserve que je visite est immense, ce n’est pas gagné pour trouver les renards.
À l’entrée je rencontre par hasard un des gardes forestiers à qui j’avais écrit au préalable pour avoir quelques informations sur le site et la gestion de la vie sauvage de l’endroit.
On papote et il me donne quelques indications sur les zones où se trouvent plus régulièrement les renards. Après m’avoir gratifié d’un: “Just follow the signs !”, il remonte dans son véhicule, me fait un petit signe de la main, et me voilà partie sous une pluie battante.

Quelques kilomètres plus tard, je découvre enfin les panneaux en question…

 

 

 

 

Euuuh, donc en fait ici les touristes nourrissent les renards ?? Oui mais alors, ils ne sont plus vraiment sauvages, si ?


Une autre personne est dans la zone, elle s’abrite tant bien que mal de la pluie.
On papote…
Deux nanas trempées qui attendent les renards sous la pluie, seules au milieu d’une réserve naturelle de 3400 hectares … Heureusement que le ridicule ne tue pas…

Deux heures s’écoulent ainsi, et puis je craque, je ne m’étais pas bien équipée pour la pluie, je suis trempée… La réserve est vraiment très grande et j’ai encore du chemin qui m’attend pour rentrer, je décide donc de lever le camp.
Le soir en rentrant chez moi, je reçois un message de ma collègue du jour me montrant des photos de deux renards « arrivés quelques minutes à près mon départ »…

Je rigole bien (mais jaune quand même un peu)…

Le lendemain je me rends dans la deuxième réserve.
C’est encore plus grand (5400 hectares), il fait beau et il y a beaucoup, beaucoup de promeneurs (14.050 crêpes servies au restaurant à l’entrée du parc selon leur site web).

J’enfourche un vélo, je me perds dans les forêts de pins où on m’a dit que j’apercevrais à coup sûr des mouflons (et avec ma chance je n’ai rien vu bien entendu).
Pas de mouflons, mais beaucoup d’oiseaux dans une région magnifique à observer où s’enchainent paysages de dunes, zones boisées et marécageuses… un vrai régal pour la biodiversité.

Il me reste encore un jour avant mon départ, je vais donc découvrir la troisième réserve.

Le site est très différent, c’est plus petit, il n’y a pas d’écoducs, les grands herbivores ne sont pas nourris, le site pose question, la presse en a beaucoup parlé dernièrement, les personnes rencontrées sur place m’expliquent que le mode de gestion de la vie sauvage présente à cet endroit va probablement changer dans les années à venir…

 

 

 

 

J’observe sans tout comprendre, en essayant de ne pas juger, je ne suis pas d’ici, je pose beaucoup de questions, je ne reçois pas toujours de réponse, le sujet est complexe.


A nouveau, il y a beaucoup d’oiseaux, la zone est belle, mais une voie ferroviaire la traverse, et photographier ces animaux dans un espace clos (même immense) me pose question. J’ai précédemment eu l’occasion de faire cela dans des endroits comme Richmond Park à Londres, et malgré la proximité, le plaisir n’est pas le même…

Je continue donc mon chemin.

Concernant les renards, on me dit qu’il y en aurait une soixantaine sur le site et aux alentours. J’ai du mal à en croire mes oreilles… Je devrais en rencontrer sans difficulté pendant ma journée de marche.

On me donne des indications précises sur les lieux où ils se trouvent plus régulièrement. Au final après une journée entière, j’observe un seul renard au loin, confortablement installée dans un affût « de luxe » en bois, en hauteur avec des vitres me permettant de belles observations sans déranger.

 

 

 

 

Mais après ces premières visites, je reste curieuse d’en savoir plus sur ces réserves et les renards qui s’y trouvent.


Je retourne donc une seconde fois dans la première réserve avec des amis pour un long week-end entre fans (cinglés) de photographie…

 

 

 

 

Et puis tant pis si on ne croise pas de renard, il y a de beaux paysages à faire dans le coin, et suffisamment d’oiseaux pour se donner le prétexte de se voir et de profiter ensemble d’un bon apéro après de longues journées de marche.

 


Cette fois il ne pleut pas, et après avoir admiré ensemble le lever du soleil, vers 10h, une première paire d’oreilles apparaît au loin.

 

 

 

 

Tranquillement assis, il nous observe longuement et nous donne même l’occasion de nous échanger les objectifs et tester le matériel des uns et des autres sans devoir nous rapprocher.

 


Renard au 400mm vs au 600 mm, les pieds exactement au même endroit que pour la photo précédente.

Et puis il se lève et disparaît, comme désintéressé par notre présence.
Tout le monde se réjouit de cette belle observation et nous nous préparons à continuer notre chemin, quand soudain… Le renard est à nos pieds…
Il a contourné le bosquet que nous longions, et le voilà qui vient marcher sur nos chaussures et nous observer comme des bêtes curieuses…
Trois-deux-un… Tout le monde au sol pour une série de photos les plus cocasses les unes que les autres.
Pas le moins du monde effrayé, le renard reste un moment avec nous avant de repartir… Après avoir minutieusement inspecté nos sacs restés au sol…



Y a un truc pour moi là-dedans ?

 

Les discussions vont bon train entre nous sur les raisons de cette proximité, mais au fond nous connaissons déjà la réponse à la question que nous nous posons.
Il semble évident que ces renards soient familiers de l’homme à un point qui dépasse le simple fait de ne pas être chassés. Leur comportement envers nos sacs ne fait aucun doute, et si nous voulions prolonger encore un peu le déni, les panneaux au loin nous rappellent la réalité de l’endroit…
Ces renards sont donc là pour quémander à manger… Libres, oui… Mais « sauvages » … le sont-ils encore vraiment ?
Et c’est ici que commence la vraie réflexion de cet article (Et oui cher lecteur, tu croyais peut-être que cet article serait plus court que le précédent sur les ours slovènes … Bah non en fait.. 😉 )
Et donc, qu’est- ce qu’on entend par « animal sauvage » au final?

 

 

 

 

Renard qui s’interroge… Je suis sauvaaach ou pas ?


Alors alors,  si on reprend la définition du Larousse, le mot sauvage est un adjectif (venant du bas latin « salvaticus » et/ou du latin classique « silvaticus », bref de « silva » qui veut dire forêt) et se dit d’une espèce animale non domestique, vivant en liberté dans la nature. Exemple du Larousse: « Le sanglier est un animal sauvage. »

Bon, donc c’est résolu ! Ces renards qui viennent renifler nos sacs sont non domestiques et en liberté dans la nature, ils sont donc sauvages !

CQFD. Bonne soirée Messieurs-dames…

…Ah oui, mais ce n’est pas terminé…

La définition du Larousse dit aussi que le mot sauvage peut être dit « d’un sujet non apprivoisé d’une espèce domestique »… Donc si je comprends bien, le petit veau qui vient de naître, il est encore sauvage, mais une fois domestiqué il ne l’est plus… C’est bien ça ?

Et donc du coup, le renard hollandais, il est quand même un peu apprivoisé non ?

D’ailleurs la définition d’apprivoisé c’est : «Rendre moins farouche, plus traitable, plus docile un animal sauvage, le domestiquer »…
Alors moins farouche le renard hollandais c’est clair… Docile, voire « domestiqué » pas certaine non plus… Et puis si on continue la définition de « sauvage », on y trouve aussi « se dit d’un animal difficile à apprivoiser… Exemple : Le merle passe pour très sauvage. »…du coup le renard, ça reste un animal difficile à apprivoiser quand même, non ?

Et bien en fait peut-être pas tant que ça… Et pas partout apparemment…

Il existe sur la toile de nombreux exemples de renards vivant au contact d’autres animaux domestiques (chiens et chats), parfois au sein de famille « d’êtres humains ».
(Je mets des guillemets, car les puristes auront peut-être envie de chipoter avec les termes… “Les animaux sont également des êtres vivants, mais pas des humains, etc etc…” => chouette podcast pour vous faire un avis par ici en passant).

J’aurais aussi pu utiliser le terme « Hommes », mais, même avec un grand H, le mot gratouille un peu mon âme féministe… ).
Bref, on ne n’entrera pas dans ce débat ici, mais je mettrai quelques références à la fin de l’article pour les plus curieux/courageux/empêcheurs de tourner en rond d’entre vous, et n’oubliez pas d’aller relire Lévi-Strauss en passant.

Donc, en dehors de ce que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux, et sur le plan plus scientifique, les tentatives de domestication des renards existent en fait déjà depuis les années 60, notamment au sein d’une expérience scientifique connue sous le nom de «The farm-fox experiment» (et sans doute bien avant d’ailleurs étant donné qu’il parait qu’un renard a été retrouvé enterré avec des êtres humains dans une tombe datant du Natoufien (+/- 12000-10000 av. J.-C), mais soit…).

En tout cas, ce concept existe à minima depuis une époque où les comités éthiques n’étaient sans doute pas tout à fait similaires à ceux que l’on peut rencontrer aujourd’hui en Europe… Et où il n’était surtout pas facile d’être un généticien de l’Union soviétique sous le régime stalinien… (le frère de Dimitri, K. Belyaev, le scientifique responsable de l’expérience de la ferme aux renards,  décéda d’ailleurs affamé et emprisonné sous le régime en 1943).

 

 

 

 

Illustration reprise de l’article de Lyudmila Trut (1999). Early Canid Domestication: The Farm-Fox Experiment: Foxes bred for tamability in a 40-year experiment exhibit remarkable transformations that suggest an interplay between behavioral genetics and development. American Scientist, Vol. 87, No. 2,  pp. 160-169.


En (très) résumé, le but de cette recherche était d’étudier les changements (comportementaux/morphologiques,…) dus au processus de domestication.

Partant de ce qui était connu pour le loup et le chien, le généticien russe Dimitri, K. Belyaev s’était décidé à tester l’hypothèse suivante : la similarité observée dans les patterns de changements morphologiques (taille plus petite, pelage qui change de couleur,..) pourrait-elle être due à la sélection génétique consécutive au choix de renards plus « domesticables ».

Autrement dit, en plus simple : « Est-ce que les renards sympas qui approchent l’homme plus facilement deviennent plus petits et plus mignons de génération en génération lorsqu’ils se reproduisent entre eux? ».
Pour cela, il sélectionna 30 renards argentés mâles et 100 femelles, originaires d’une ferme commerciale à fourrure en Estonie (et oui), et leur fit passer une série de tests visant à sélectionner les animaux les plus sociables.

Il classa ainsi les renards en 3 catégories (en gros) :

Classe 3 : Mord la main de l’expérimentateur quand il lui donne à manger ou s’enfuit.
Classe 2 : Se laisse caresser, mais ne montre pas d’affection particulière envers l’expérimentateur.
Classe 1 : Recherche l’attention et le contact de l’expérimentateur (gémissements, remue la queue…)

Et il fit se reproduire entre eux uniquement les animaux les plus sociables (ayant les meilleurs scores) dans ces tests.

Moi je me reproduis avec qui je veux d’abord !

Résultat après 40 ans d’études et plus de 45000 renards testés tout au long du processus… La ferme/centre de recherche contient aujourd’hui une population stable d’une centaine de renards complètement dociles/apprivoisés, recherchant le contact avec les expérimentateurs et décrit comme clairement « domestiqués ».

Et de manière plutôt inattendue à l’époque, Belyaev se rendit compte que cette sélection basée sur des critères comportementaux uniquement entraînait alors toute une série de modifications morphologiques et physiologiques: Une couleur de robe plus claire, une taille plus petite, des oreilles plus tombantes, ou encore des changements au niveau cérébral ou génétique avec par exemple de plus haut niveau de sérotonine (Kukekova et al. 2008, 2018). Ce type de modifications seront d’ailleurs par la suite qualifiées de « syndrome de domestication ».

De manière plus surprenante encore, son équipe observa par la suite des modifications au niveau de la reproduction, avec une maturité sexuelle plus précoce, des périodes d’accouplement tout au long de l’année, et des portées plus grandes chez ces renards domestiqués.
De fil en aiguille, les recherches de cette équipe et d’autres chercheurs ont conduit à mieux comprendre le phénomène de domestication du chien (et de surcroît du renard).

Certains chercheurs faisant alors l’hypothèse que la domestication n’aurait pas été à l’initiative de l’homme, mais peut-être à celle de l’animal : Les animaux les moins craintifs se seraient rapprochés des lieux de sédentarisation de l’homme et de leurs sources de nourriture (par intérêt alimentaire), et par la suite, leurs comportements et leurs morphologies se seraient modifiés via les interactions et la reproduction des individus les plus sociaux envers les hommes entre eux…

Certains animaux pourraient également s’être « auto-domestiqué » (si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à découvrir les travaux passionnants de l’équipe de Brian Hare sur les chimpanzés et les bonobos).

Bref… Kaboum… gros pavé dans la marre de notre vision ethnocentrique du monde…

 Haha, alors, c’est qui qui domestique qui par ici au final ?

 

À l’heure actuelle, ces expériences se poursuivent au sein du laboratoire de génétique évolutionnaire animale (Laboratory of Evolutionary Genetics of Animal) et il semblerait que le manque de financements scientifique ait conduit à la naissance d’une nouvelle forme d’autofinancement… Le laboratoire mettant en vente depuis peu ces nouveaux animaux de compagnie.

Lyudmila Trut et quelques autres collègues du staff de l’Institut de Cytologie et Génétique (Novosibirsk, Siberia). © Vincent J Musi –  Avec l’aimable autorisation de Vincent J. Musi, photographe pour National Geographic que je remercie encore chaleureusement pour nos échanges de réflexion. Quelques uns de ses magnifiques clichés par ici : www.vincentjmusi.com

 


À ce stade de mes réflexions, beaucoup de questions se bousculent dans ma tête…
Des renards domestiqués ? C’est choquant non ?

Pourquoi ?

Et bien parce qu’il s’agit d’animaux sauvages pardi !
Je me verrais mal avec un guépard dans mon salon (bien qu’apparemment ça aussi cela existe).
Oui, mais dans le cas de cette expérience, on ne parle pas d’un seul animal sauvage contraint par la force à être domestiqué… Mais plutôt de générations d’animaux sauvages dont le comportement final a été modifié… et qui donc, ne seraient plus vraiment sauvages (et donc plus capables de vivre seul dans la nature ? )

Mais au final, est-ce que c’est très différent de nos amis chiens et chats qui partagent notre quotidien ?

Eux aussi ont été domestiqués… Mais c’est vrai que cela fait un peu plus de 60 ans quand même…

 

 

 

 

 

J’ai été domestiqué moi ?


Et puis indépendamment de ces réflexions, est-ce que l’intérêt scientifique de telles recherches prime sur les considérations éthiques associées au bien-être animal ?
Et surtout qu’advient-il des renards qui ne répondent pas aux critères de « classe III » ? Ils retournent à l’industrie de la fourrure ?

 

 

 

 

Non, mais tu blagues avec cette histoire de fourrure hein ?

De toute façon la mienne elle n’est même pas propre, alors elle ne les intéressera pas, hein ?

 


Bref, je n’ai pas (encore ?) la réponse à toutes ces questions, et peut-être qu’un jour j’écrirai aux chercheurs de ce laboratoire pour me faire inviter et me faire un avis sur place et j’écrirai un nouvel article (non non ne vous enfuyez pas tout de suite), mais la question du jour n’est pas ici…
Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos renards hollandais (et libre à chacun de se faire son avis personnel sur l’intérêt de posséder un renard domestiqué -ou chien, chat, tortue, lapin ou autres gallinacés d’ailleurs-).

Donc, la question du jour, pour y revenir après ces circonvolutions intellectuelles, c’est celle qui concerne mon ami renard hollandais: Sauvage ou pas ?

 

 

 

 

Tends la main pour voir …

 


Après toutes ces réflexions et ces recherches, j’en viens à me dire que les renards hollandais ne sont pas domestiqués (car leur reproduction n’est pas sous le contrôle de l’homme), mais plutôt « actuellement en train d’être apprivoisés » par les êtres humains qui les nourrissent.
Leurs comportements « sauvages » sont clairement modifiés (les renards viennent de manière régulière, dans des horaires similaires sur les sites où ils savent qu’ils peuvent avoir de la nourriture et semblent même reconnaître certaines des personnes qui les nourrissent).
Et bien qu’ils restent farouches, contrairement à chez nous, ils n’hésitent pas à nous approcher à des distances surprenantes, et même à dormir à nos pieds… Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces attitudes sont assez déconcertantes…

De toute façon, c’est fatiguant toutes tes réflexions là…

 

Bien entendu, chez nous en Belgique, les comportements des renards sont également modifiés par la présence de l’homme et leur environnement.
Leur mode de vie est principalement nocturne et ils fuient l’homme en général (il y a fort à parier que côtoyer des personnes qui bouchent leurs terriers et les déterrent vivants ne renforce par leur sociabilité).
Ils sont également capables de s’adapter en trouvant une source de nourriture complémentaire dans nos poubelles, les individus les plus rusés ayant ainsi sans doute plus de chance de survivre (enfin, à nouveau, c’est une hypothèse basée sur mes observations, je n’ai pas fait d’études sur le sujet).

Donc à peser les pour et les contre de ces deux situations on peut s’interroger longuement sur les avantages et inconvénients qui en découlent.

Face à ces réflexions interminables, je décide de retourner à nouveau sur la zone pour un autre week-end avec un ami (et toujours pour essayer de faire quelques jolies photos -faut pas être hypocrite non plus-, mais sans jamais nourrir les renards de notre côté).
Ce jour-là d’autres photographes/touristes animaliers sont présents et proposent sous nos yeux quelques petits morceaux de jambons à un renard qui vient quasiment leur lécher les doigts…

Mmmmhhh un touriste … Envoyez le poulet !

 

À ma question: « Pourquoi les nourrissez-vous ? » (sachant que c’est interdit vu les panneaux), je m’entends répondre: « Pour les mêmes raisons qui font que tu te trouves là »…

Boum patatra… Allez, soyons un peu lucide, de qui je me fiche avec mes questionnements éthiques, évidemment que moi aussi je viens pour profiter d’une situation où les animaux sont plus accessibles, soyons honnêtes un peu !

Et l’homme me rajoute : « Ainsi on peut les voir de plus près et profiter de leur présence… Et puis, on ne leur donne que très peu et s’ils ont de trop ils ne viennent pas de toute façon… ou alors parfois ils cachent la nourriture, tu vois, ils ne sont pas en mauvaise santé et ici ils sont protégés… ce n’est pas comme chez toi… »

Dis la Belge, tu veux bien laisser mes potes hollandais me donner à manger s’il te plait ?  Allez, rentres chez toi va, y a rien à voir, zhou ! 

Un peu (beaucoup) décontenancée, je me dis que cette personne a raison… Il vaut mieux être ici à photographier un renard qui va bien, dans une zone protégée, qu’à déranger un renard belge et prendre le risque que quelqu’un vienne boucher son terrier par la suite…

Oui, mais bon, est-ce que cela veut dire que pour autant on puisse les nourrir ? Et d’ailleurs est-ce que ces comportements adaptatifs envers nous leur seront bénéfiques sur le long terme ?

Difficile à dire sans être Mme Irma, mais on peut tout de même réfléchir à plusieurs problématiques en ce qui concerne les renards hollandais :

  • La chasse au renard restera-t-elle interdite ad vitam dans ces réserves ?
  • La promiscuité de ces renards socialisés favorisera-t-elle une reproduction d’individus plus sociaux les uns avec les autres (répliquant alors finalement l’expérience de Belyaev en condition naturelle et sur du plus long terme) ?
  • Ce type de modifications du comportement permettra-t-il aux scientifiques d’en savoir plus sur ces animaux et de modifier ainsi par la suite le statut de « nuisible » qui leur est encore attribué dans bons nombres de pays ?

Dis, honnêtement, t’en as encore beaucoup des questions ?

Et enfin (et surtout) quelle est notre part de responsabilité dans ce processus d’apprivoisement ?

Dans un monde parfait (vous savez celui avec les licornes et les fontaines de pineau), chacun s’émerveillerait au printemps de croiser le regard attendrissant d’un petit renardeau… Et puis au lieu de manger les poules du voisin, le renard aurait sa gamelle de croquettes vegan, labélisée à son prénom, et viendrait s’endormir au coin du feu, la tête posée sur notre épaule… (oui oui cher lecteur, c’est souvent à ce stade de l’article que les choses partent un peu dans tous les sens).

Bref, au cas où nous ne vivrions pas dans un tel monde, il est peut-être intéressant de s’interroger quant à notre responsabilité face à l’animal que nous photographions.

Qu’il s’agisse du risque du dérangement d’une renarde et de ses petits au terrier dans une région qui pratique encore la chasse au nuisible (mettant alors en danger sa progéniture), ou de l’impact de notre simple présence sur un territoire protégé, mais où l’animal n’est plus entièrement sauvage et de plus en plus nourri par ses visiteurs … il y a lieu de réfléchir aux conséquences de nos actes dans chacune de ces situations.

Le renard hollandais « semi-apprivoisé » est une belle illustration de notre rapport actuel à la nature: tiraillé entre l’envie de voir un animal sauvage, difficilement apercevable chez nous (et de surcroit « menacé » par son statut de nuisible), et la sensation de cautionner partiellement un système susceptible d’entrainer des modifications de comportement de cet animal (bien que bénéficiant cette fois d’un habitat protégé), notre cerveau s’emmêle les neurones et les émotions…

Les discussions animées autour du label « libre et sauvage » sont autant d’occasions d’interroger nos pratiques.

Ces « hashtags » qui supposent une photographie animalière plus éthique nous permettraient-ils de réfléchir au sens de notre relation à l’autre (qu’il ait 2 ou 4 pattes d’ailleurs)?

#fox (really?) #wildandfree #domesticatedandfree #tame(?)andfree

Le concept de liberté semble d’ailleurs plus simple à traiter que celui de sauvage si l’on s’en tient à sa définition: « Qui n’est pas la propriété d’un maître, qui n’est pas esclave » (jusque-là ça va pour le renard hollandais). « Qui n’est pas la propriété d’un maître, qui n’est pas esclave » (ça roule toujours). « Qui n’est soumis à aucune contrainte, à aucun contrôle, à aucune restriction » (bon, là on pourrait chipoter sur le concept de contrainte… si on considère les photographes/touristes comme des contraintes dans l’environnement du renard, mais bon…)

En réalité il faudrait presque être juriste pour savoir définir ce qu’il en est vraiment au final

Quand on sait que les archéozoologues (encore un métier que j’aurais voulu faire tiens) ne sont déjà pas d’accord entre eux pour définir la période de domestication du chien, ce n’est pas avec un article comme celui-ci qu’on aura la réponse définitive aujourd’hui !

Pour ma part je dirais donc, « Libre » : OUI

Ha enfin, ça y est, elle y est arrivée, je vais pouvoir retourner à la bronzette !

 

Et « sauvage »… Bah c’est compliqué (et si tu es encore là ami lecteur, tu auras compris que j’aime les trucs compliqués, et écrire autant que j’aime causer).

 

 

 

 

 

 

 

Mon dieu ce n’est pas possible, on n’y arrivera jamais…


Derrière cette réflexion, en filigrane, transparait toutefois notre relation ambivalente à la vie sauvage.
Que ce sauvage effraye et inquiète, ou qu’il séduise et fascine, il ne laisse personne indifférent.

Dans une société de plus en plus aseptisée, chercherions-nous à étiqueter l’autre pour mieux le maitriser ?
L’absence de chasse ne suffit pas à rendre un animal sauvage apprivoisé. Le nourrissage non plus sans doute, mais il y contribue pleinement, et ouvre la porte à une relation complexe avec l’animal.

Comme nous, les renards sont opportunistes et se rapprochent probablement plus des êtres humains par commodité (suite à la présence de nourriture) que par réelle curiosité ou sympathie à notre égard (enfin si certains ont envie de penser que les renards les aiment gratuitement, libres à eux).

Mais contrairement à ce qui a pu se passer pour le loup et le chien à une époque avec la domestication, ni le renard ni l’homme n’ont actuellement « besoin » l’un de l’autre…

La domestication des espèces telles qu’elle est actuellement définie, remplit cette condition de besoin … Lorsque l’homme a eu besoin de ressources alimentaires, il a créé l’élevage, et « domestiqué « (mais qui a fait quoi c’est toute la question) le bœuf, la chèvre …

Le chien et le chat ont eux-mêmes longtemps été auxiliaires de l’homme dans le travail à la ferme… du rassemblement des moutons, à la surveillance de la maisonnée ou encore pour la chasse aux souris.

Mais aujourd’hui, quels rôles remplissent ceux qui sont devenus nos « animaux de compagnie » plus que nos « animaux domestiques »…

Et que vient faire le renard dans ce tableau ?

Aurions-nous besoin d’un peu plus de sauvage dans notre vie ?

Nota Bene :

Un immense merci aux personnes qui m’ont aidée pour la rédaction de cet article:

Les gardes forestiers des différentes réserves qui ont accepté de répondre à toutes mes questions sur place et par e-mail, Sam Hobson et Vincent Musi pour leur accord à utiliser leurs photos ainsi que leurs encouragements et nos discussions, et enfin surtout les amis-photographes qui m’ont accompagné lors de la seconde et troisième visite et ont supporté toutes mes réflexions et questionnements quotidiens.

Pour prolonger votre lecture (ou pas), voici quelques liens utiles qui m’ont aidée à construire cet article et étayer ma réflexion :

Si vous voulez lire les articles scientifiques originaux concernant les renards de l’expérience scientifique :

Trut, L. N. (1999). Early canid domestication: The farm-fox experiment: Foxes bred for tamability in a 40-year experiment exhibit remarkable transformations that suggest an interplay between behavioral genetics and development. American Scientist. http://www.eebweb.arizona.edu/Courses/Ecol487/readings/Early%20Canid%20Domestication,%20AmSci.pdf

Lindberg, J., Björnerfeldt, S., Saetre, P., Svartberg, K., Seehuus, B., Bakken, M., … Jazin, E. (2005). Selection for tameness has changed brain gene expression in silver foxes. Current Biology, 15(22), 915–916. https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(05)01327-8?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0960982205013278%3Fshowall%3Dtrue 

Si vous voulez voir à quoi ressemble le laboratoire de recherche :

http://www.bionet.nsc.ru/booklet/Engl/EnglLabaratories/LabEvolutionaryGeneticsAnimalsEngl.html

Si vous voulez savoir ce qu’il en est aujourd’hui (articles de presse, liste non exhaustive) :

http://www.sciencemag.org/news/2018/08/these-docile-foxes-may-hold-some-genetic-keys-domestication
https://www.nationalgeographic.com/animals/2018/08/fox-dogs-wild-tame-genetics-study-news/
https://www.nationalgeographic.com/magazine/2011/03/animal-domestication/
http://www.bbc.com/earth/story/20160912-a-soviet-scientist-created-the-only-tame-foxes-in-the-world
https://www.theverge.com/2018/9/11/17842410/pet-tame-foxes-domestication-dogs-genetics
http://www.slate.fr/story/51869/renard-domestication-experience-siberie
https://www.maxisciences.com/renard/l-experience-de-domestication-du-renard-bat-de-l-aile_art23243.html

Si vous voulez des arguments pour enrichir votre débat familial dominical sur la question « l’homme est-il un animal comme les autres ? »

http://www.partages-et-questionnements.fr/article-l-homme-est-il-un-animal-106058476.html
https://www.contrepoints.org/2014/04/17/163208-les-animaux-sont-enfin-des-humains-comme-les-autres
https://www.babelio.com/auteur/David-Chauvet/213718
http://thomas.lepeltier.free.fr/cr/chauvet-mentaphobie.html
https://www.cahiers-antispecistes.org/author/davidchauvet/

Si vous voulez encore en lire plus sur la domestication en général :
Un article vulgarisé : https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/la-domestication-du-chien-plus-ancienne-que-prevu-12640.php
Et les références scientifiques :
https://www.nature.com/articles/ncomms16082
http://science.sciencemag.org/content/352/6290/1228

Si vous n’aimez pas lire, mais préférez regarder une vidéo sur la domestication (avec une explication pour le renard à partir de la minute 40 pour les paresseux): https://www.youtube.com/watch?v=_6Zep-GhQYU

Si vous n’aimez NI lire NI regarder des vidéos, mais que les podcasts en voiture ne vous dérangent pas (et en plus c’est en français, you’re welcome !) :

https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-22-fevrier-2018
https://www.franceculture.fr/emissions/le-salon-noir/entre-chien-et-loup-histoire-dune-domestication
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-lundi-16-avril-2018
https://www.franceculture.fr/emissions/pas-la-peine-de-crier/les-chiens-15-laventure-genetique-du-canide

Si vous voulez tout savoir sur Brian Hare et ces travaux (et si vous ne savez plus de qui il s’agit c’est que vous avez mal lu l’article, veuillez recommencer tout de suite).

http://brianhare.net/duke-canine-cognition-center-2/
https://www.youtube.com/watch?v=YduINJPYXdQ

Si vous voulez tout savoir sur les travaux de David Macdonald (oui d’accord, lui je n’en ai pas parlé dans m’article, mais il écrit aussi des choses très intéressantes que je vous conseille d’aller lire)

https://www.wildcru.org/members/professor-david-macdonald-cbe-dsc-frse/
https://www.wildlifeonline.me.uk/animals/article/red-fox-behaviour-helpers-in-fox-society

Et deux de ses articles scientifiques sur le renard :

https://www.nature.com/articles/282069a0
https://www.jstor.org/stable/5288?seq=1#page_scan_tab_contents

Si vous voulez vous rincer les yeux avec des très (très) belles photographies :

https://www.richardbowlerwildlifephotography.com/#/foxes/
https://www.richardbowlerwildlifephotography.com/#/foxyfamilysnaps/
https://www.roeselienraimond.com/
http://www.brittanycrossman.com/canids.html
http://www.samhobson.co.uk/
https://www.vincentjmusi.com/

Et enfin si vous avez envie d’aider une bonne cause au sujet des renards (et de la faune en général):

https://www.thecanidproject.com/
https://www.aspas-nature.org/
https://protectiondesoiseaux.be/
https://www.renard-roux.fr/